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FROM THE MARY OSGO00D LEGACY,
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D «To purchase such books as shall
be most needed for the College
Library, so as best to promote the
objects of the College.”
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bites Google
Diag Google
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Dors Google
o Publications de la Société pour l'étude des Langues romanes
UN
ALMANACH
PAR
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A. BOUCHERIE
en
—
Professeur au Lycée de Montpellier
9 MONTPELLIER | PARIS
AU BUREAU DES PUBLICATIONS j À LA LIBRAIRIE DE A. FRANCK
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DE LA SOCIÉTÉ | (VIBWBG, propriétaire)
|
POUR L'ETUDE DES LANGUES ROMANES 67, RUE niCcueLiru, 67
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Montpellier, Imprimerie centrale du Midi
{Ancienne maison Gras. — RICATEAU, HAMELN et Cie)
UN ALMANACH
AU Xre SIÈCLE
Sur le recto du premier feuillet du ms. 301 dela Bibliothèque
de l'École de médecine de Montpellier, figure un court alma-
nach, ou plutôt un préambule d’almanach, où se trouvent des
prédictions relatives au temps et aux événements politiques.
On sait que cette habitude bizarre ne s’est pas encore perdue,
et qu’on rencontre des almanachs ad usum... populi, où les va-
riations de la politique et celles de l'atmosphère sont prédites
avec soin, sinon avec clarté; car, dans bien des campagnes, un
almanach n’a de valeur qu'autant qu'il indique, non-seulement
le temps de l’année, mais encore le temps de chaque jour.
Nostradamus, qui publia des almanachs de ce genre, de 1550
à 1567, eut un très-grand succès. On aurait pu croire qu’il
était l'inventeur de ce système de prédictions relatives à la
politique et à la météorologie; on verra, en lisant cette courte
notice, qu'il n’a fait que remettre en vigueur une tradition
plus ancienne.
N'ayant ni les moyens ni le désir de traiter la question cer-
tainement intéressante de l'origine des almanachs, je me suis
contenté d'étudier ce document au point de vue philologique.
Je donne d'abord le texte et la traduction, puis le com-
mentaire.
Il
(Ms. 304, f° 4, r°)
À. 1. — Si die dominico. fuerint. kal. jan. hiems calidus.
vernum. humidum. æstas. et autumnus. ventosi annone bone.
abundantia peccorum. Mel suffitienter. Vindemie. ubertas. et
À
leguminum. fructus. ortolani parebunt. Juvenes. interibunt.
bella delectabiliter. Regnum'. disceptatio. Pugne erunt et
latrocinia magna et aliquid novi. audietur. aut ex regibus. aut
ex principibus et pax fiet.
À. 2. — Si die secundo fuerint kal. jan. facit hiems com-
munem vernum et gstatem teperatum. autumnum diluviosum.
formidines erunt. et infirmitates. Turpiores morientur. bella
delectabiliter surgent Mutationes militum. et principum. Al-
tercaciones erunt et multe. matrone in luctu sedebunt. et gla-
ties magne erunt. et reges interibunt ferro et mortalitas
magna erit et vindemia non bona et apes morientur.
A. 3. — Si die tertio fuerint kal. jan. facit hiems magnum.
et nimium. et diluviosum. Vernum et estatem. humidum. au-
tumnum siccum. Frumenti karitatem. et peccorum interitum.
Repentini. in orbem regnabunt Navigantibus periculum Mel
superabundavit lini erit karitas incendia multa. Pestilentia
multa nimia Legumina precipua fructus ortolaris parebit. Ol-
leum. superabundabit Turbatio aliqua erit. romanis et mu-
lieres morientur. et reges peribunt. et vindemie labor erit.
A. 4. — Si die. IIII. fuerint kal. jan. erit annone vilitas
Vindemie habundantia. Pomorum inanitas. adquisitas homi-
num bonus negotium habundabit?. Virorum interitus. hiems
kalidus et asperus. Vernum malum. et humidum autumnum.
temperatum. Pericula ferri* olei copia Ventris. et precordia-
rum solatio ‘. Mulieres morientur Locis diversis famis erit et
aliquid novi audietur. æstas bona erit. et juvenes morientur et
mel non erit 5.
A. 5, — Si die. V. fuerint kal. jan. erit frumenti et olei et
pomorum vilitas. et legumina bone erunt anone vitiabuntur
lini erit karitas. Potionum. interitus pluvia multa. et flumina
4 Faut-il lire : regum ou regnorum ?
2 Je n'ai pas compris cette phrase. Le mot le plus embarrassant est
adquisitas. |
8 Farris ?
“ Dans solatio le groupe at est douteux.
5 Le copiste avait d’abord écrit eret. Il s’est corrigé lui-même.
= D.
foras exibunt. Hiems temperatum. Vernum ventosum, autum-
num bonum et estas bona. et pax erit.
À. 6.— Si die. VI. fuerint kal. jan. facit hiems tempestivum
Vernum bonum Estatem malum autumnum siccum frumentum
et vindemiam habundabit et oleum lupitudo oculorum gregna-
bit Infantes interibunt bella et deliciosa. militum Motus orbis
terrarum. {F°105, v°) Et pereclitaciones regum et peregrina-
tiones ex primatis erunt et magni rumores crica (sic) principes
erunt et oves et opes morientur. ;
A. 7. — Si die. VII. fuerint kal. jan. facit hiems ventosum.
Vernum. magnum. Estatem varium autumnum siccum et asi-
duis tempestatibus vexabitur Frumenti concussio set annona
commoda. Peccorum interitus lini karitas Terciane febre do-
minabunturet variislangoribus hominesaffligentur et mortalitas
erit maxime senes morientur.
TRADUCTION
A. 1. — Si les kalendes de janvier tombent un dimanche,
hiver chaud, printemps humide, été et automne venteux;
grains de bonne qualité ; abondance de bétail; miel en suff-
sance ; belle récolte en vin et en légumes, les jardins donne-
ront beaucoup. Mortalité sur les jeunes gens. Guerres en quan-
tité. Querelles entre les rois. Il y aura des batailles et de
grands brigandages, et on apprendra du nouveau, soit par le
fait des rois, soit par le fait des princes, et la paix reviendra.
À.2.— Si les kalendes de janvier tombent le deuxième jour,
il fait un hiver ordinaire, un printemps et un été tempérés,
un automne extrêmement pluvieux. Il y aura des épouvantes
et des maladies. Mortalité sur les gens laids. Des guerres écla-
teront en grand nombre. On verra souvent les soldats en ré-
volte ct les grands en lutte. Les dames seront dans le deuil.
Et il y aura de grands désastres, etles rois périront par le fer,
1J'ai cru pouvoir hasarder cette expression, pour traduire plus fidèle-
ment le latin, quoiqu'on ne dise bien que: « Il fait froid, il fait chaud. »
6
et la mortalité sera grande, et la vendange ne sera pas bonne,
et les abeilles mourront.
A. 3. —Siles kaleudes de janvier tombent le troisième jour,
il fait un hiver long et rigoureux et un printemps très-plu-
vieux et un été humide, un automne sec; les blés sont chers ;
épidémie sur le bétail ; fréquentes bourrasques(?); danger pour
ceux qui naviguent; il y aura surabondance de miel; le lin coù-
teracher; beaucoup d’incendies; pestes fréquentes, meurtrières:
il y aura surtout des légumes; les jardins donneront beaucoup;
il y aura surabondance d'huile; il y aura certains troubles chez
les Romains, et des femmes mourront, et des rois périront, et
on aura de la peine pour la vendange.
À. 4. -— Si les kalendes de janvier tombent le quatrième jour,
les grains seront pour rien, la vendange abondante ; il n’y
aura pas de FINS na ideas unatietiensetéas
Mortalité parmi les hommes: er chaud et rude : mauvais
printemps et humide ; automne tempéré(?); craintes pour le blé;
huile en abondance; soulagement pour l'estomac et les entrail-
les; des femmes mourront; il y aura disette en divers lieux, et
on apprendra du nouveau; l'été sera bon, et des jeunes gens
mourront, et il n'y aura pas de miel.
A. 5. — Si les kalendes de janvier tombent le cinquième
jour, le blé, l'huile et les fruits seront pour rien, et les lé-
gumes seront bons; les grains seront avariés ; le lin coûtera
cher; il n’y aura pas de quoi boire(?); pluies abondantes, et les
rivières déborderont ; hiver tempéré; printemps venteux; bon
automne et bon été, et on aura la paix.
À. 6.— Si les kalendes de janvier tombent le sixième jour,
il fait un hiver favorable, un bon printemps, un mauvais été,
un automne sec; il y aura du blé et de la vendange en abon-
dance ainsi que de l'huile; les ophthalmies seront nombreuses ;
des enfants périront; guerres et....... de soldats ; tremble-
ment de terre. Et les rois seront en danger, et les grands er-
ront en divers lieux, et on fera courir des bruits fâcheux sur le
compte des princes, et les brebis et les abeilles mourront.
LT
À. 7. — Siles kalendes de janvier tombent le septième jour.
il fait un hiver venteux, un printemps désagréable (?), un été
variable, un automne sec et qui sera troublé par des tempêtes
continuelles. Déchet (?) sur les blés, maisles grains seront bons.
Epidémie sur le bétail. Le lin sera cher. Les fièvres tierces
domineront, et leshommes seront affligés de maladies diverses,
et il y aura grande mortalité, surtout sur les vieillards.
III
Ce texte n'est pas de la même main que le reste du manu-
scrit; il est moins ancien. Il n'offre pas de date ni de particu-
larité chronologique précise, ou même approximative, qui per-
mettent de lui assigner une époque bien déterminée.
On remarque cependant qu'il y est fait mention des Romains.
S'agit-il des Romains du temps de l'Empire ou des Romains
de la Papauté ? Rien ne l'indique. Mais une observation permet
de rejeter la première alternative : c'est qu’en fait de person-
nages politiques, notre almanach ne parle que de rois et de
grands, «reges et principes », et non d'empereurs ou de césars.
Quant à remonter aux Romains de la République ou même
des premiers temps de l'Empire, cela est impossible, puisque
la locution die dominico, « dimanche », par laquelle il débute,
nous renvoie à l'époque chrétienne.
La date de la composition ne peut donc se retrouver ; quant
à la transcription, elle est très-certainement du X° siècle, àen
juger par l'écriture.
Le ms. où il a été inséré, en deux fragments très-courts et
d'inégale étendue (f° 1, r° et fo 103, v°), est occupé par un re-
cueil de canons pénitentiaux en trois livres, que Luc d’Achery
a reproduit dans le tome XI de son Spicilegium. Bouhier, à
qui il a appartenu, après de Thou, le dit du VII ou VIII siè-
cle ! ; mais 1l est plus probablement du IX°.
‘ Voir son Catalogue manuscrit, n° 19 (Bibliothèque de l'Ecole de méd.
de Montpellier), p. 47, al. 20.
Se
Il est assez difficile d'en déterminer l’origine. Cependant,
parmi les rares indices de prononciation qui pourraient met-
tre sur la voie, j'en ai relevé un qui n’est pas sans valeur :
c’est la forme dimas, pour decimas, « les dîmes » : Si quis autem
voluerit retinere dimas (fe 104, v°). Elle se trouve dans un
de ces textes de remplissage que les possesseurs de manuscrits
se plaisaient à intercaler dans les pages ou parties de page
laissées en blanc. L'italien, le catalan, l'espagnol et le por-
tugais, ayant conservé la forme latine decima, et le français
seul l'ayant abrégée en disme, que l’on prononçait comme au-
jourd'hui dîme, il est permis de supposer que ce ms. vient
d'une province de langue d’oil.
Du reste il n'importe guère, pour la valeur de ce document,
qu’il ait été écrit en France plutôt que dans un autre des
pays de langue romane, puisque les faits de syntaxe qu'on
y peut relever, et qui sont évidemment dus à l'influence du
langage populaire, sont communs à toutes les langues néo-
latines.
PHONEÉTIQUE
19 Voyelles
ZÆ, pour e: pas d'exemple.
E' pour æ: fréquent : — annone bone (a. 1),ete.
Arum pour orum : — precordiARUM pour præcordorum (a. 4).
Orum pour arum : pas d'exemple.
O pour u: — ortolant (a. 1), ortolaris (a. 3), pour hortulani,
hortularis.
U pour 0: pas d'exemple.
['pour u : pas d'exemple.
U pour ?: — lupitudo pour kippitudo (a. 6). Voir p. 18.
2o Consonnes
B pour v : pas d'exemple.
V pour bb: — mel superabundavit pour superabundabit
(a. 3).
C'pour ce: pas d'exemple.
= Dr
CC pour c : — peccorum pour pecorum (a. 3 et a. 7).
G prosthétique : — éregnabit pour regnabit (a. 6). Voir p. 13.
H prosthétique : — nabundantia (a. 3), Hahundabit (a. 4 et
a. 6).
G pour gu, devant 0: — langoribus (a. 7).
Gu pour g, devant 0: pas d'exemple.
H initial supprimé : — ortolant (a. 1), ortolaris (a. 3), pour
hortulani, hortularis.
K pour c devant a : — Karitas (a. 3, a. 5 et a. 7), Kalidus
(a. 4).
N pour nn: — aNone pour annonæ (a. 5).
NN pour n : pas d'exemple.
R (métathèse de l'): — crica pour circa (a. 6).
S pour ss : — asiduis pour assidurs (a. 7).
SS pour s: pas d'exemple.
T pour d final, devant une voyelle ; ser annona (a. 7).
D pour t final: pas d'exemple.
GRAMMAIRE
Cas
Accusatif en am substitué au nominatif en a : — vindemiam
habundabit (a. 6).
Accusatif en em substitué à l'ablatif en e: repentini in orbem
regnabunt (a. 3).
Genres
Le masculin est mis plusieurs fois pour le féminin :
Die dominico (a. 1). — Hiems calidus (a. 1), hiems magnum
(a. 3), etc... — £Estatem teperatum (a. 2), humidum (a. 3), ma-
tum (a. 6).
Dans le premier exemple on s'attendait à voir die domunica,
parce que beaucoup d’autres textes, regardés comme corrects,
donnent plutôt le féminin à dies ainsi employé. En réalité,
on était libre de choisir le masculin ou 4e féminin quand ce mot
était au singulier, le masculin n'étant de rigueur qu'au plu-
210: —
rie]. Dans le cas présent, où l’on compte les jours de la semaine,
où l’on attribue à chaque jour désigné sa vraie durée, et non
une durée indéterminée, l'emploi du masculin est plus correct ;
car dies au singulier ne prend bien le féminin qu’autant qu'il
indique la durée d'une manière vague : quadam die et non qguo-
dam die. Il est probable, cependant, que le copiste ou l’auteur
n’a pas fait toutes ces réflexions, et qu’il s’est contenté de se
conformer à l'usage populaire, qui, au moins en France et en
Espagne, préférait dies dominicus à dies dominica, comme on
doit le conjecturer d’aprèsl'accord de nos anciens textes et des
patois actuels, qui, presque tous, donnent le masculin au mot
qui s’en est formé. :
Hiems et œæstas étaient féminins dans le latin classique. La
substitution du masculin est due probablement à l'influence
du langage populaire, qui a donné ce genre au nom des sai-
sons. Îl faut observer aussi que æsfas est conservé deux fois
avec son vrai genre : estas bona {a. 4 et a. 5).
Le neutre et le masculin, le neutre et le féminin, sont con-
fondus deux fois :
1° Aufumnum temperatum (a. 4), bonum (a. 5). — Hiems
temperatum (a. 5)%. Il faut sous-entendre erit dans chaque
exemple.
2° Lequmina bone erunt pour bona (a. 5). — Precordiarum
pour præcordiorum (a. 4).
Ces incorrections sont problablement dues à l'influence du
parler populaire, qui, au singulier, confondait le masculin et
le neutre, et, au pluriel, le neutre et le féminin. Cette dernière
confusion, celle du neutre et du féminin, provenait de la res-
semblance de flexion entre le neutre pluriel en a et le féminin
singulier, également en a:fausse analogie, qui explique le
changement de genre suivant le changement de nombre dans
les mots délice, orgue, — masculins au singulier, parce que la
4 Exceptions: en italien, domenica, fém.; dans le patois de Genève,
une dimenche; dans le patois bressan, la dimenchi.
2? Nous avons déjà remarqué que htems était masculin pour le copiste.
he
terminaison neutre de leurs primitifs latins delicium, organum,
se confondait avec la terminaison de l’accusatif masculin ; —
féminins au pluriel, parce que la terminaison a du pluriel
neutre des mots latins delicia, organa, les faisait prendre pour
des noms féminins.
On trouve fréquemment des exemples analogues dans le
latin mérovingien, tels que pecoras, vestimentas, etc. (Voyez
Brachet, Grammaire historique de la langue française, p. 157.)
Que de fois j'ai relevé, dans les thèmes de mes élèves, des bé-
vues du même genre : sumpsit armaAs, «il prit ses armes» !
Place des mots
Adjectif. — L'adjectif, employé comme attribut, se met tou-
jours après le nom auquelilse rapporte: «Hiems [erit] calidus,
— vernum {erit] humidum, — æstas et automnus [erunt] boni,
etc. », et non: « Calidus [erit] hiems, humidum [erit] vernum,
boni {erunt] æstas et automnus. »
Il se met soit avant, soit après le nom, plus souvent après,
quand il n’est pas pleinement attribut, c’est-à-dire quand il
figure incidemment dans la proposition : «1° (aprèsle nom)Fruc-
tus ortolani parebunt, — Pugne erunt et latrocinia magna, —
fructus ortolaris parebit, — Si die dominico........ si die se-
cundo....si die tertio fuerint, — Et glaties magne erunt. »
Dans cet exemple, magne n'est pas pleinement attribut, car le
sens est : « Il y aura de grands désastres », et non « Les désas-
tres seront grands »;— « 2° (avant le nom) asiduis tempestati-
bus vexabitur, — Terciane febre dominabuntur, — Variis lan-
goribus homines affligentur. »
Sujet. — Le sujet se met toujours le premier, et le verbe le
dernier : « Fructus ortolani parebunt, — Juvenes interibunt, —
Aliquid novi audietur. »
E'sse fait exception et se place indifféremment avant ou
après : « 1° (après) Pugne erunt» ; — «2° (avant) Si die dominico
fuerint kalendæ. »
=: 112.
LEXIQUE
Formes et acceptions rares ou nouvelles
ASPERUS (htems) (a. 4) pour asper. — Forme entièrement
nouvelle.
CONCUSSIO frumenti (a.7).— C'oncussio veut dire « secousse ».
Je ne vois pas trop comment ila pu être joint à frumenti. Est-
ce une acception nouvelle ? Faut-il y voir une faute de tran-
scription ?
DELECTABILITER (bella) (a. 1). Bella DEIECTABILITER surgent
(a. 2). « Il y aura beaucoup de guerres, Beaucoup de guerres
éclateront ». — Acception nouvelle. Les lexiques ne donnent
que le sens de «agréablement».
C'est par la même analogie qu’en grec émuexs signifie en
même temps «avec douceur» et «en abondance ».
DELICIOSA (bella et militum ) (a. 6), «guerres et méfaits (?) des
soldats ». — Je suppose que le copiste a mal lu ou mal écrit,
et que la vraie lecon est delicuosa. Ce mot, il est vrai, ne se
trouve nulle part, mais Ducange donne delicuum avec le sens
de delictum, rraioua, échec ou faute commise. On pourrait en-
core lire dehquiosa, que l’on dériverait de deliquium, manque,
perte. Dans ce cas il faudrait peut-être traduire par « pertes
éprouvées par les soldats », ou par « défections des soldats »,
comme ont traduit deliquium solis par «éclipse de soleil».
DILUVIOSUM ( facit autumnum) (a. 2). Facit hiems piLuviosum
(a. 3). «Il fait un automne, un hiver extrêmement pluvieux. »
— Mot entièrement nouveau et très-régulièrement formé de
diluvies, comme speciosus de species.
EX primatis peregrationes (a. 6), pour primatum peregrina-
hones. — Acception nouvelle. Dans le bas latin, c'est d'ordi-
naire la préposition de, suivie de l’ablatif ou de l’accusatif, qui
remplace le génitif de possession.
FACIT hiems, vernum, estatem....« Il fait un hiver, un prin-
temps, un été froids, etc.». De même dans Grégoire de Tours:
Gravem eo anno hiemem fecit (Bibl. nat., ms. 17,655, f° 44, r°).
RE D ae
— C'est un pur romanisme, comme le prouvent les locutions
actuelles « Il fait chaud, il fait du vent, etc. »
FAMIS pour fames (a. 4).
FEBRE {{erciane) dominabuntur (a. 7). — Cette forme, qui
suppose le nominatif singulier febra, ne se trouve pas dans
Ducange. C’est une des créations de la syntaxe populaire, qui
ramenait tous les mots féminins au type commun de la pre-
mière déclinaison en a. Voir plus loin Primatis.
GLATIES (matrone in luctu sedebunt et.... magne erunt) (a. ?).
— Glacies n'ayant ici aucun sens, il est probable que glaties
est pour clades, avec le sens de «désastre ». Pour le change-
ment de c/ en gl, comparez @Lads « pestilentia » ap. Diez,
Altr. Glossare, p. 49.
GREGNABIT (a. 6) pour regnabit. — J'ai relevé un exemple
analogue dans le ms. n° 6I (X[° siècle) de la biblioth. de Leyde,
dit ms. de Vossius, f° 11, r°: aRegnartolus pour regariolus (roi-
telet). |
C’est de même, par la prosthèse du g devant l’r,que ranuncu-
lus a formé arenoutlle.
HIEMS est traité comme mot invariable : facit hiems commu-
nem (a. 2), facit hiems magnum (a. 3), facit hiems tempestivum
(a. 5).
LUPITUDO oculorum (a. 6), pour lippitudo. — J'ai déjà eu oc-
casion (Cinq Form. rhythmées et assonancées du VIF siècle,
p. 32) de signaler et d'expliquer la tendance qu'avaient nos
ancètres à assimiler lu et l’?. J'en ai donné des preuves cer-
taines pour le XIT° siècle. Il est permis de reporter cette ha-
bitude encore plus haut, et de supposer que de tout temps l'or-
gane gaulois a tendu à substituer le son % au son ou des anciens
Latins et des Italiens d'aujourd'hui.
MAGNUM vVernum... . facit (a. 6). — Maxi rumores erunt
(a. 6). — Facit hems MAGNUM ef nimium (a. 3). — Magnus
semble avoir dans ces différents passages le sens péjoratif de
gravwis, dont il semble aussi tenir la place. Du moins gravis ne
figure-t-il jamais dans ce texte, bien que le sens qu'il repré-
sente y trouve place plus d’une fois.
— 14 —
MUTATIONES #militum et principum (a. 2), « Révolutions opé-
rées par les soldats et par les grands.» — Acception nou-
velle. Mutatio, employé avec ce sens, régit toujours un nom de
chose : Mutatio rerum, « Révolution politique. »
ORTOLARIS (a. 3) pour hortularis. — Les lexiques de la bonne
latinité ne donnent que hortuals, hortensis et hortulanus. Du-
cange ne cite que le neutre pluriel, hortularia : olera, legumina,
et alia id genus quæ in hortisnascuntur.
Encore cet exemple unique, tiré d’une charte du XII: siècle,
est-il postérieur de deux cents ans au nôtre.
PERICLITACIONES regqum (a. 6), « Les rois seront en danger. »
— Acception nouvelle. Les lexiques ne donnent à perichtata
que le sens de « essai, épreuve. »
PRECORDIARUM (a. 4) pour præcordiorum. -- Forme nouvelle.
J'ai déjà cité ce mot comme preuve de la tendance qu’avaient
ceux qui écrivalent le mauvais latin des premiers temps du
moyen âge à confondre le féminin avec le pluriel neutre.
PRriIMATIS pour primatibus (a. 6). — J'ai eu occasion (Revue
des langues romanes, janvier 1871, p. 60) de constater cette
loi de déformation, qui ramenait toutes les désinences des
noms ou adjectifs masculins à un type unique, celui de la
deuxième déclinaison en us.
Ducange cite un seul exemple de primatus, daté de 1086.
REPENTINI #n orbem regnabunt navigantibus periculum (a.3).—
Il est probable qu'il s’agit des vents qui soufflent brusquement.
Venti serait donc sous-entendu. Conjecture plausible, et qui
acquiert plus de force si l’on rapproche repentint de l'adjectif
annotini, qui se trouve dans le ms. 305 (IX° siècle) de Mont-
pellier, employé isolément avec le sens de « vents étésiens. »
SOLATIO (Olei copia ventris et precordiarum (a. 4). — Faut-il
lire Olei copia [erit] solatio ventris et precordiarum, — litt.
«Abondance d'huile sera pour le soulagement de l'estomac et des
entrailles », en regardant solatio comme le datif de solatium ?
Ou bien doit-on faire de solatio le nominatif de solaño, onts,
qui serait l’attribut de copia olei et non le complément de erit?
Dans ce cas nous aurions une forme nouvelle, faisant double
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emploi avec solatium, forme qu’on peut déduire du composé
consolatio.
TEMPESTIVUM (Facit hiems) (a. 6). — Quel est le vrai sens
de cette expression ? Si elle appartenait à un texte correct, on
ne serait pas embarrassé, et on traduirait : « Il fait un hiver
favorable », tempestivus ayant, dans la bonne latinité, le sens de
« opportun, favorable. » Mais, pour traduire ce mauvais latin
tout imprégné de romanismes, il est plus sûr de puiser les
éléments de comparaison dans le recueil de Ducange.
On y trouve, en effet, non pas l'adjectif, mais, ce qui re-
vient au même, l'adverbe fempestive avec le sens de 2mpetuose,
tempestatis instar. Les deux exemples cités, quoique moins an-
ciens que le nôtre — ils sont de 1364 et de 1386 — autorisent
la traduction que j'ai préférée, « hiver orageux. »
À. BoucHERIE.
Il est intéressant de rapprocher ce document des Jours pé-
rilleux que M. P. Meyer a publiés dans le Jahrbuch. On y
retrouvera la même tendance et des bizarreries analogues.
Je regrette de ne pouvoir indiquer, d'une manière précise,
le volume où figure le passage auquel je renvoie.
Je n'ai entre les mains que quelques feuilles de cette collec-
tion. .
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Un almanach au Xme siecle
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